Par Le Figaro avec AFPPublié le 17/03/2023 à 09:08 , mis à jour le 17/03/2023 à 12:29

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Le gouverneur de la banque centrale française estime que les règles européennes assurent des liquidités suffisantes aux banques du Vieux Continent.

Le gouverneur de la banque centrale française, François Villeroy de Galhau, a tenu à rassurer dans un contexte marqué par l’effondrement de plusieurs banques américaines et par le chancellement de la deuxième banque privée de Suisse. «Les banques françaises et européennes sont extrêmement solides», a-t-il déclaré vendredi, au lendemain d’une nouvelle hausse des taux par la Banque centrale européenne en pleine tourmente pour le système bancaire.

«Les banques européennes ne sont pas dans la situation de certaines banques américaines pour une raison très simple qui est qu’elles ne sont pas soumises aux mêmes règles», a-t-il ajouté sur BFM Business, en référence aux faillites récentes de banques régionales aux États-Unis qui ont fait tanguer les marchés. Le gouverneur a mis en avant la réglementation Bâle III mise en place après la crise financière de 2008, «parfois critiquée» mais qui a prouvé l’«efficacité» des règles «sur leurs liquidités et sur leurs fonds propres».

Selon lui, 400 groupes bancaires européens sont soumis à cette réglementation contre 13 aux États-Unis, les plus grands établissements. François Villeroy de Galhau a évoqué une décision «prise au temps de l’administration Trump en 2019 (…) qui a consisté à dispenser les banques moyennes ou petites des règles de Bâle III», rappelant que les banques régionales qui ont fait faillite la semaine dernière aux États-Unis en faisaient partie.

Le Credit Suisse, «un cas particulier»

Ces faillites ont entraîné une chute des marchés boursiers, qui se sont repris en début de semaine avant de replonger avec des craintes sur la santé de Credit Suisse. La deuxième banque suisse a tenté de rassurer en milieu de semaine en annonçant emprunter 50 milliards de francs suisses (50,6 milliards d’euros) à la banque centrale du pays pour sa restructuration.

Credit Suisse est «un cas particulier connu depuis plusieurs années», a souligné François Villeroy de Galhau. «C’est une banque qui a à la fois des difficultés de modèle d’affaires (…) et des défaillances de son système de contrôle interne», a-t-il ajouté, encourageant l’établissement à aller «au bout du travail» de redressement.

Cette crise n’a pas empêché la Banque centrale européenne de poursuivre sa lutte contre l’inflation en augmentant comme prévu jeudi ses taux de 0,5 point de pourcentage. «Je vous confirme la priorité à la lutte contre l’inflation», a déclaré le gouverneur. «Je crois que nous avons envoyé un signal de confiance qui est fort et qui est double, c’est à la fois une confiance dans notre stratégie anti-inflation et une confiance dans la solidité des banques européennes et françaises», a-t-il poursuivi.